La dématérialisation par les mots

Lorsque la question de la dématérialisation de l’objet est apparue avec le texte de Lucy Lippard dans les années 1960, il était question de trouver une alternative à la création contemporaine en s’émancipant du culte de l’objet.
Il a donc fallu trouver d’autres moyens d’expression et d’autres formes artistique que les modèles classique de la peinture ou de la sculpture.
Si l’immatériel peut être exprimé par le vide, le son, l’air, la lumière, matériaux qui n’ont pas d’existence physique, certains artistes ce sont tournés vers le langage lui opposant l’objet d’art.
Les œuvres qui font appel au langage sont parfois des œuvres matérielles, mais les techniques utilisées, le néon, la sérigraphie, et parfois même la peinture, ne sont la qu’en tant que support.
D’autres artistes ne font pas appel à la vue mais à l’ouïe du spectateur et à travers des dispositifs audio ou humain propose des œuvres parlées.

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Berndnaut Smilde fabrique des nuages

Si la dématérialisation de l’objet dans l’art peut passer par sa suppression ou, comme chez les artistes conceptuels, par le déplacement de son essence vers le concept, il est aussi possible de créer des œuvres immatérielles c’est ce que nous prouve le jeune artiste hollandais Berndnaut Smilde.

Récompensée par le Times en 2012 comme étant une des meilleures invention de l’année, son œuvre entre l’art et la science est aussi éphémère et poétique qu’elle répond à des principes chimiques précisément appliqués.

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Tino Sehgal au Guggenheim

L’artiste anglo-allemand Tino Sehgal crée des expositions vivantes et immatérielles, son travail repose sur la création de situations, de rencontres.
Le musée Guggenheim de New York présente en 2006 « This progress », œuvre sans objet, sans cartel, sans catalogue, sans vernissage, dont toute photographie est interdite. Tino Sehgal y explore l’immatérialité la plus radicale et entraîne le spectateur dans une expérience esthétique singulière.
Le public découvre alors l’étonnant musée Guggenheim de New York vidée de sa collection, il déambule le long de la rampe hélicoïdale mais ne rencontre pas le moindre objet d’art ni même le moindre cartel.
A la place d’objets statiques et inanimés, les visiteurs rencontrent des performers tout au long de leur ascension qui leur demandent tour à tour leur définition du progrès.

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La possibilité d’enjeux politiques dans l’art dématérialisé

L’art dématérialisé s’éloigne souvent , par sa définition meme, de la réalité, finissant par avoir une connotation conceptuelle, métaphysique et risquant de se concentrer uniquement sur des enjeux purement formel et artistique. Pourtant, en particulier durant le XX ème siècle, l’art a été souvent mêlé a des affaires politiques ou sociales, soit comme instrument meme de transmission d’idéologies et nouvelles valeurs, soit, de l’autre coté, comme support de fortes critiques envers le système dominant.

La contemporanéité de ces deux phénomènes dans le monde artistique, la dématérialisation progressive de l’oeuvre d’art et une importance croissante donnée à son pouvoir politique, est frappante: est-il possible de faire de l’art à la fois socialement engagé et immatériel, ou encore quel est le pouvoir de l’absence de l’objet physique dans la contestation politique opérée par les artistes? Lire la suite

Oeuvres d’art invisibles

La dématérialisation de l’objet artistique est davantage évidente et explicite quand il s’agit d’objets.. invisibles. A partir de l’Exposition du Vide d’Yves Klein en 1958 et, dans les années suivantes (1958-1962), les Zones de Sensibilité Picturale Immatérielle, il est difficile d’imaginer une oeuvre plus immatérielle que celle qui est de plus invisible.

La dématérialisation de l’objet n’implique pas nécessairement l’impossibilité de voir l’oeuvre, mais de nombreux artistes ont longtemps habité, en héritiers du Vide de Klein, l’univers de l’invisible. Comment peut fonctionner la présentation, l’appréciation et l’impact d’une oeuvre d’art qui n’apparait pas à l’oeil?

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« Art and culture » de John Latham hommage à Lucy Lippard

Le Brooklyn Museum présente du 14 septembre au 17 février 2012 « Materializing « Six Years »: Lucy R. Lippard and the Emergence of Conceptual Art », l’exposition tend à examiner l’impact de l’ouvrage de Lucy Lippard Six Years sur l’art conceptuel. On peut trouver dans les archives du site du Brooklyn Museum, une brève description des enjeux de l’exposition, ceux-ci étant de montrer en s’appuyant sur son ouvrage, la manière dont Lucy Lippard a rassemblé, promu et exposé les artistes que l’on rassemble aujourd’hui sous l’étiquette de l’art conceptuel.

Dans son article « 40 ans après le « Six Years » de Lucy Lippard, Où en Est l’Art Conceptuel ? » pour Blouin Art Info, Chloé Wyma affirme

Pour une pleine compréhension des enjeux de la « dématérialisation de l’objet d’art », inutile de chercher plus loin que « Art and Culture »

« Art and culture » est une œuvre de l’artiste britannique John Latham réalisée entre 1966 et 1969, conservée au MoMA. Cette dernière ouvre l’exposition du Brooklyn Museum.

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Le danger du rien : Rhythm 0

Rythm 0 (1974) fut une performance tenue à la Galleria Studio Morra à Naples, dans laquelle Marina Abramović se laissait manipuler par le publique de la façon qu’il préférait, utilisant des objets posés sur une table; comme des fleurs, de la nourriture ou des armes …
L’artiste définit cette performance comme l’une parmi les plus extrêmes de ses expériences.

⇑L’artiste lors de la performance

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